La mer aussi connaît ses épisodes de forte chaleur. Ces dernières années, des canicules marines ont été observées en Méditerranée comme dans l’Atlantique, avec des températures parfois plusieurs degrés au-dessus des normales.
Pour les écosystèmes, ces épisodes peuvent être lourds de conséquences. Et pour les pêcheurs, dont l’activité dépend directement des ressources marines, ils changent aussi les conditions de travail.
Chez Mer de Liens, nous voulons donner aux jeunes pêcheurs les moyens de s’installer et de construire une activité capable de s’adapter aux évolutions de la mer.
Mais qu’est-ce qu’une canicule marine exactement ? Et concrètement, qu’est-ce qu’elle change pour ceux qui vivent de la pêche ?
Qu’est-ce qu’une canicule marine ?
Une canicule marine, aussi appelée vague de chaleur marine, correspond à une période d’au moins cinq jours consécutifs pendant laquelle la température de la mer dépasse fortement les températures habituellement observées à cette période de l’année dans une zone donnée.
Ce phénomène ne se résume donc pas à une mer particulièrement chaude pendant quelques jours. Il s’agit d’un épisode de chaleur anormal par son intensité et sa durée.
Et avec le réchauffement climatique, ces épisodes vont devenir plus fréquents, plus longs et plus intenses.
Le problème ne vient donc pas seulement de l’intensité d’une canicule marine. C’est aussi leur répétition qui pose question. Lorsque les épisodes de stress thermique se succèdent, certains écosystèmes disposent de moins de temps pour récupérer.
Et forcément, cela finit par avoir des conséquences sur les espèces qui y vivent.
Quels sont les effets des canicules marines sur les écosystèmes ?
Des espèces marines fragilisées par la chaleur
Lorsque l’eau se réchauffe, sa capacité à retenir l’oxygène diminue. Dans certaines zones côtières, notamment les lagunes, cette situation peut favoriser des épisodes de manque d’oxygène particulièrement importants.
En Méditerranée, les conséquences peuvent être spectaculaires.Lors de la canicule marine de 2022, jusqu’à 90 % des individus de gorgone rouge sont morts sur certains sites du Parc national des Calanques, entre 10 et 30 mètres de profondeur.1
Dans l’étang de Thau, un épisode de malaïgue, c’est-à-dire un important manque d’oxygène dans l’eau, a touché la lagune en 2018. Favorisé notamment par les fortes chaleurs et l’absence de vent, il a entraîné la mortalité de 100 % des moules cultivées et de 30 à 40 % des huîtres2.
Les herbiers de posidonie sont eux aussi concernés. Ces plantes marines jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes méditerranéens en fournissant un habitat à de nombreuses espèces et en contribuant au fonctionnement des écosystèmes côtiers. Leur dégradation fragilise donc tout un réseau vivant.
Le phytoplancton, à la base de nombreuses chaînes alimentaires marines, est également sensible aux changements de température. Lorsque les conditions environnementales évoluent, la composition et la répartition des communautés de phytoplancton peuvent être modifiées, avec des conséquences en cascade sur les espèces qui s’en nourrissent.
Les espèces fuient vers d’autres eaux
Les poissons, eux, cherchent à fuir. Une étude3 menée sur 102 espèces commerciales en Méditerranée espagnole montre que 42 d’entre elles ont déjà vu leur répartition évoluer au cours des deux dernières décennies.
Et ces déplacements ne suivent pas tous le même schéma. Selon les espèces et les zones concernées, les poissons peuvent se déplacer vers des eaux plus profondes, vers d’autres secteurs ou modifier plus largement leur répartition.
Pour les pêcheurs, cela signifie que les ressources qu’ils connaissent et ciblent peuvent elles aussi se déplacer.
Quel est l’impact des canicules marines sur les pêcheurs ?
Après la faune et la flore, ce sont les pêcheurs qui encaissent le choc en premier. Ils sont en effet directement dépendants de la disponibilité, de la localisation et de la qualité des ressources halieutiques pour vivre de leur métier.
Les conséquences concrètes sont déjà documentées : déclin de certaines populations locales de poissons, arrivée d’espèces nouvelles qu’il faut apprendre à valoriser, voire fermetures temporaires de zones de pêche lorsque les stocks sont trop fragilisés. Pour un pêcheur artisan, chaque saison devient un peu plus imprévisible qu’avant.
Comment les pêcheurs peuvent-ils s’adapter au changement climatique ?
Le changement climatique ne va pas seulement modifier la température de la mer. Il va aussi modifier les conditions dans lesquelles les pêcheurs exercent leur métier.
Les espèces se déplacent, certaines deviennent moins abondantes, d’autres apparaissent dans de nouvelles zones. Pour continuer à pêcher dans ces conditions, les pêcheurs doivent pouvoir faire évoluer leurs pratiques, leur matériel et parfois même leur manière de travailler.
Mais ces changements ont un coût.
Adapter son bateau et son matériel
Le bateau est le principal outil de travail du pêcheur. Lorsqu’il faut changer de zone de pêche, cibler de nouvelles espèces ou utiliser des techniques différentes, le matériel doit pouvoir suivre.
Cela peut passer par des engins de pêche plus sélectifs, permettant de cibler certaines espèces tout en limitant les captures indésirées, mais aussi par du matériel adapté aux nouvelles espèces disponibles.
Le bateau lui-même doit aussi être pensé pour durer. Consommer moins de carburant, limiter son impact sur les fonds marins, pouvoir pratiquer plusieurs techniques de pêche : autant de caractéristiques qui donnent davantage de marge de manœuvre aux pêcheurs face aux évolutions à venir.
Pouvoir diversifier sa pêche
Lorsque l’on dépend d’une seule espèce ou d’une seule technique, un changement dans l’écosystème peut avoir des conséquences très importantes sur les revenus.
À l’inverse, pouvoir cibler plusieurs espèces, utiliser différentes techniques ou adapter ses zones de pêche permet de mieux absorber ces changements.
Cette polyvalence demande toutefois du matériel, des compétences et un bateau qui permettent de s’adapter.
C’est justement l’une des raisons pour lesquelles le choix du bateau est si important au moment de l’installation d’un jeune pêcheur.
Anticiper plutôt que subir
S’adapter, c’est aussi pouvoir comprendre ce qui se passe en mer.
Le suivi de la température de l’eau, des conditions environnementales ou de l’évolution des ressources peut aider les pêcheurs à anticiper certains changements et à ajuster leur activité.
Mais encore faut-il avoir accès aux bons outils et pouvoir investir dans son activité.
Et c’est là que le financement de l’installation devient un véritable enjeu d’adaptation.
Mer de Liens : financer des bateaux pour permettre aux pêcheurs de s’adapter
C’est précisément le rôle que Mer de Liens veut jouer.
Aujourd’hui, s’installer comme pêcheur artisan demande un investissement considérable, principalement parce que le bateau représente une part très importante du coût de l’installation.
Pour un jeune qui souhaite se lancer, trouver les financements nécessaires pour acheter son outil de travail peut donc être un frein majeur.
Or, ce bateau va déterminer en partie sa capacité à faire évoluer son activité dans les années qui viennent.
L’idée n’est pas simplement de permettre à quelqu’un de devenir pêcheur. Il s’agit de lui donner les moyens de construire une activité viable dans la durée, avec un outil de travail adapté aux enjeux auxquels la pêche sera confrontée demain.
Cela passe notamment par des bateaux permettant de pratiquer une pêche à faible impact, de limiter la consommation de carburant et de favoriser une certaine polyvalence.
Et c’est important, parce que l’adaptation ne doit pas être une succession de dépenses imposées aux pêcheurs chaque fois que les conditions changent.
Il faut pouvoir anticiper dès l’installation.
Mais ce n’est pas tout. En privilégiant des bateaux et des pratiques de pêche à plus faible impact, on ne fait pas que préparer les pêcheurs aux changements à venir. On contribue aussi à réduire l’empreinte de leur activité et donc à limiter les pressions qui accélèrent le dérèglement du climat et des écosystèmes marins.
On vous en dit plus sur la charte de Mer de Liens ici.
Investir aujourd’hui pour une pêche capable de s’adapter demain
C’est finalement tout l’enjeu de Mer de Liens : ne pas attendre que les difficultés deviennent insurmontables pour donner aux pêcheurs les moyens d’évoluer.
En investissant dans Mer de Liens, les citoyens contribuent à financer l’installation de jeunes pêcheurs artisans et leur donnent accès à leur principal outil de travail.
Une manière très concrète de soutenir une pêche artisanale qui puisse continuer à exister, à évoluer et à nourrir nos littoraux malgré les changements à venir.
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FAQ
Qu’est-ce qu’une canicule marine exactement ?
Une canicule marine est une période d’au moins cinq jours durant laquelle la température de surface de la mer dépasse anormalement les moyennes historiques locales. Elle peut durer plusieurs semaines, voire plusieurs années dans les cas les plus extrêmes.
Quel est l’impact des canicules marines sur les pêcheurs ?
Les canicules marines provoquent le déclin de certaines espèces locales, l’arrivée de nouvelles espèces et parfois la fermeture temporaire de zones de pêche. Les petits pêcheurs, faute de moyens pour s’adapter aussi vite que les grandes structures, sont les plus exposés économiquement.
Comment un pêcheur peut-il s’adapter au réchauffement de la mer ?
En s’équipant d’installations pérennes : outils de suivi de la qualité de l’eau, matériel de pêche sélective adapté aux nouvelles espèces disponibles, équipements de conservation, et dispositifs contribuant à la restauration des habitats marins.
Pourquoi investir dans Mer de Liens ?
Investir dans Mer de Liens permet de contribuer au financement de bateaux et à l’installation de jeunes pêcheurs artisans. C’est aussi soutenir une pêche artisanale à faible impact, pensée pour s’adapter aux changements de la mer tout en limitant son empreinte sur les écosystèmes.
